TV direct.... jeu d'hazard.... putain de systemere!!!!
Aujourd'hui je vais vous raconter une belle histoire... Le genre de belle histoire que la télé nous apporte sur un plateau, tous les jours.
Cette histoire c'est celle de Paul (prénom fictif). Paul est technicien en méthode, et comme tout le monde il a un rêve, ce rêve s'est celui d'aller en voyage à Bora Bora. Je vous laisse imaginer les chances qu'a un technicien en méthode vivotant tant bien que mal dans un HLM avec 1300 euros par mois de partir à Bora Bora. Alors pour forcer le destin Paul a choisi à un jeu télévisé, vous savez le genre de jeu dont la télé fourmille, où l'on voit des gens pleurer parce qu'ils ont perdu et crié quand ils ont gagné. Seulement voilà Paul ne veut pas aller à l'émission où l'on vous prend pour un abruti, avec comme présentateur un mec au sourire de dragueur de bal, qui vous fait frôler la crise cardiaque avec ces "C'est votre dernier mot ?". Ni aller à l'émission où une grosse vache vous ridiculise devant tout le monde en comparant votre Q.I. à celui d'une moule.
Non voilà Paul va aller à un jeu de hasard, en l'occurence ce dernier sera un jeu avec des boîtes : "A prendre ou à laisser". Je rappelle pour ce qui ne connaissent ce jeu (ils peuvent être contents) présenté par Arthur que le principe est simple : un individu choisit entre 22 boîtes contenant différents gains allant d'un boulon à 500 000 euros.
Et c'est là que ça commence ... Comme dans toute histoire il y a un "winner" et un "looser". Le "winner" c'est Arthur, le mec habillé de pull en cachemire, qui a la "tchatche", et possède un sourire carnassier, il drague toute les filles du plateau en les prenant pour des putes et ça marche ! C'est le genre de mec capable de vous vendre un cancer comme on vendrait un aspirateur. Il a le fric, le sourire et la cruauté d'un trafiquants d'armes. Le "looser" c'est Paul, le mec a la chemise a fleurs, timide et bégaillant. Le genre de mec dont le destin s'amuse à taper dessus.
Donc revenons au jeu, car il faut savoir qu'arrive le moment où le candidat perd la somme maximale de 500000 euros. Alors Arthur s'avance, faussement navré, et après s'être amusé des nerfs et de la situation de Paul demande avec le ton d'un mec mal informé :
"-Mais dites-moi, un technicien en méthode ça gagne combien par mois ?
Paul bégaye timidement :
-Bah, 1300 euros par mois ...
Et Arthur enchaîne directement
-Je vous annonce que vous venez de perdre 35 années de salaires !"
Paul sourit maladroitement tandis que tout le plateau rigole ... Qu'est-ce qu'on se marre !
Et donc à la fin du jeu, Paul a le choix entre une somme du style 25 000 euros et 50 euros.
Arrive le choix crucial et dans un roulement de tambours, 50 euros arrive comme une brique dans la glace d'une agence de voyages pour Bora Bora. Car Paul vient de perdre...
Et vient le moment où le "winner" Arthur peut enfin savourer pleinement ce pourquoi il aime ce métier d'ordure, et s'amenant triomphant dans son pull en cachemire rose, dans une compassion surjouée il vient féliciter Paul de sa défaite. Se brise alors le rêve d'un jeune technicien en méthode sur fond de sourire carnassier, de pull en chachemire rose, et de larmes. Arthur massera comme à son habitude les épaules du candidat et pourra jouir de sa position de "winner" car je suis sûr qu'à ce moment précis, il bandait.
Une belle histoire donc, car le public a eu ce qu'il souhaitait avoir, du suspens, de la misère et de l'humour en direct live. Le genre d'histoire qui fait de l'audimat et que la société de production Endemol se plaît à gerber comme la Star Ac' et autres cruelles imbécilités télévisuelles. Tiens en parlant d'Endemol, je rajoute qu'Arthur en est le vice président et qu'il en possède environ 250 millions de parts de marchés.
250 millions, c'est aussi l'équivalent de 17 000 années de salaire d'un technicien en méthode ...
D'après Guy Carlier
info trouvées ici :
http://torture0mentale.skyrock.com/20.html